L'alcool au travail : risques psychosociaux

Risque alcool : une prévention défaillante dans les PME



Le modèle d’intervention mis en oeuvre dans les grandes entreprises vis à- vis de l’usage des substances psychoactives (en particulier de l’alcool) est-il transposable aux structures de petite taille ? Il semblerait que non. C’est la conclusion de la récente enquête conçue par AIDES Alcool et réalisée par l’Observatoire social de Lyon. Cette étude fait suite à celle réalisée en 2002-2003 sur la gestion du risque alcool dans les entreprises de plus de 50 salariés.

L’enquête a été menée en 2 phases : la première comportait 100 entretiens téléphoniques quantitatifs auprès d’un échantillon aléatoire de petites et très petites entreprises, employant de 5 à 50 salariés ; la seconde a consisté en 20 entretiens semi-directifs en face-à-face auprès de 17 entreprises.

Résultats
Au-delà de la question particulière de la consommation de produits psychotropes, la prise en compte de la problématique santé – sécurité au travail est difficile dans les petites et très petites entreprises.
Le champ de la consommation de substances psychoactives et de sa prévention est, pour des raisons diverses, très éloigné des préoccupations quotidiennes des dirigeants de ces entreprises : pour 59 % des répondants, la consommation de substances psychoactives dans leur entreprise est perçue comme « peu importante » et pour un quart d’entre eux « inexistante ».

Cependant, 70 % des responsables d’entreprises interrogés reconnaissent être « préoccupés » par l’usage de produits psychoactifs, les motifs de préoccupation se cristallisant surtout autour des accidents du travail (46 %) et de la productivité (37 %).

Les dirigeants manquent dans ce domaine de connaissances et d’information. D’où le déficit d’interventions préventives : 8 % seulement des entreprises ont effectivement engagé une action de prévention ou projettent de le faire à court terme. C’est seulement lorsque le cas se présente (42 % ont eu à faire avec des usagers de ces toxiques, et de l’alcool le plus souvent) qu’ils essayent d’y faire face et d’y remédier.

Nombre de ces constats sont en accord avec les données de la littérature.
Mais alors que ces dernières insistent sur la relation entre conduites addictives et conditions de travail (stress, pénibilité, charge mentale, etc.), les dirigeants interrogés situent l’origine des consommations de psychotropes hors de l’entreprise, dans la sphère individuelle et privée. Ainsi, à la question : « Pensez vous qu’il y ait un rapport entre le milieu du travail (climat général, conditions de travail, relations entres les personnes …) et l’usage de substances psychoactives », 56 % des répondants estiment que tel n’est pas le cas

* Pour plus d’information : www.alcool-drogues-travail.org *

LE COMMENTAIRE DE…JEAN-FRANÇOIS VALLETTE, Directeur du pôle prévention, AIDES Alcool

Ces résultats soulignent la non-pertinence du modèle d’intervention préventive mis en œuvre dans les grandes entreprises.La situation qui mobilise généralement les dirigeants et le personnel des petites entreprises est la gestion de la crise. C’est donc à partir de cette notion que doit se tisser l’élaboration d’un processus plus global qui aboutirait à la construction d’une perspective de prévention en passant par le management et l’accompagnement. Ce qui implique nécessairement de penser la prévention dans une approche plus large (risques psychosociaux, santé au sens de la Charte d’Ottawa, etc.).

Source : www.inpes.sante.fr


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